Interview de la Hitmaker, la guitare la plus entendue de la pop

Imaginez que vous achetiez une guitare. Et puis, vous la regardez, vingt ans plus tard, en vous disant que cette guitare vous a rapporté plus de 2 milliards de dollars… Voici l’histoire, toute bête, de la . Nous avons décidé de l’interviewer.

NYMEM : Pouvez-vous nous raconter votre parcours en quelques mots ?

Hitmaker : Je ne vous dirai pas mon âge exact par coquetterie mais je suis du début des années 60. J’ai été achetée par celui qui est toujours mon propriétaire actuel, , guitariste de , dans les années 1970. J’étais sa première Stratocaster. Je me suis installée à New York et mis à part de longues et exténuantes tournées je suis toujours restée ici.

NYMEM : Quel est le moment où votre carrière a basculé ?

Hitmaker : Je dirais que le moment crucial a été le premier hit de Chic, Dance, Dance, Dance (Yowsah, Yowsah, Yowsah). C’est le moment où j’ai compris que non-seulement je pouvais faire danser les gens dans les salles de concert, mais aussi que mon son, enregistré sur disque, pouvait également faire se lever un large public !

Peut-être que d’une façon plus large, ce qui a vraiment lancé ma carrière, ce sont les « cocottes » de Nile Rodgers, c’est à dire ce jeu rapide syncopé sur les cordes en les étouffant partiellement de la main gauche.

NYMEM : Quelle est le hit qui vous rend particulièrement fière ?

Oh, il y en a tellement !! Je vous citerais bien Le freak, bien entendu, mais aussi We are family qui évoque pour moi la grande période et la grande famille de Chic. Je ne vous cache pas que le jeu entremêlé avec la stratocaster de Stevie Ray Vaughan sur l’album et chanson Let’s dance de David Bowie, rien que de penser à ce mélange de pop, de disco, de rock, de jazz et d’un soupçon de musique expérimentale, j’ai des frissons dans les potentiomètres ! Et puis, forcément la consécration avec Get lucky des Daft Punk… Dommage que je ne sois pas sur le clip !

Nile Rodgers et Chic

La disco et le son de la mythique Hitmaker

NYMEM : Avez-vous songé à arrêter votre carrière et prendre votre retraite ? Vous êtes quand même sacrément ravagée, non ?

Je vous remercie pour votre remarque insidieuse, on verra la tête que vous ferez quand vous aurez avalé autant de riffs. Et puis, la chaleur des projecteurs n’aide pas pour le vernis ! Bref, non, je suis dans la force de l’âge, resplendissante comme jamais, et même si des rumeurs prétendent que mon propriétaire n’a pas tenté de m’abandonner lâchement dans un train, je n’ai jamais été autant en forme, mon son aussi clair et mon énergie aussi féroce. La production millimétrée des Daft Punk me met particulièrement en valeur…

NYMEM : Avez-vous un conseil pour d’autres guitares qui rêveraient de marcher dans les pas de votre légende ?

Travailler, travailler, travailler. Ne jamais rien perdre d’authenticité. Je ne connais pas énormément d’exemples de guitares autant associée à leur musicien. joue avec plusieurs Les Paul, même Clapton a fait des infidélités à Blackie ! Moi je suis sur quasiment tous les morceaux de Nile Rodgers. Peut-être que seule la Telecaster (enfin, la Hohner) de Prince peut se targuer d’une telle fidélité, même si pour des raisons esthétiques elle était souvent remisée au placard pour les clips. Enfin vous l’aurez compris, je suis unique et exceptionnelle, et moi je vous dis qu’elle n’a pas encore sortie de l’atelier de lutherie, celle qui me détrônera !

NYMEM : Comme vous le savez, nous sommes attachés aux lieux New Yorkais ici… S’il fallait résumer votre carrière en un lieu emblématique ?

Quelle question ! Les studios , pardi ! Mais vous le saviez déjà, non ?

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