8 choses que vous ne saviez pas sur The Velvet Underground & Nico

Il y a 50 ans, le 12 mars 1967, paraissait l’album dont on dit que les rares personnes qui l’ont acheté ont immédiatement créé un groupe. D’une fraîcheur indémodable, posant les bases du rock adulte, du punk-rock, du grunge et d’une conscience sociale mâture, The Velvet Undeground & , produit (hu hu) par , reste à jamais une étape fondamentale de l’histoire de la musique. Beaucoup de choses ont été écrites au sujet de cet album…

C’est l’un des tout premiers albums sponsorisés

Qu’on ne s’y trompe pas, The Velvet Underground & Nico est avant tout un objet publicitaire à la goire d’Andy Warhol. C’est en tant que manitou de la communication et de business qu’il a été nommé « producteur », mais il faut entendre ce terme comme on l’entend dans l’industrie du cinéma, pas celle de la musique.

D’ordinaire, le producteur, c’est la personne qui embauche les musiciens de studio, trouve ledit studio, orchestre la création de l’objet « disque », pilote l’ingénieur du son, détermine par ses choix artistiques la sonorité de l’album. Ici, que nenni, Warhol a juste payé et fait en sorte que The Velvet Underground ait toute latitude créatrice possible. Comme le rappelle John Cale, son principal conseil à a été :

N’oublie pas de mettre plein de gros mots dans les chansons !

En contrepartie, et associé à la réalisation de l’inoubliable logo de la pochette, il a mis son nom bien en évidence sur le disque, plus encore que le nom du groupe dont d’après lui personne n’avait rien à foutre.

Il a été produit par le producteur de The sound of silence et Like a rolling stone

Le « vrai » producteur s’avère être Tom Wilson, connu pour son travail avec Sun Ra (Sun Song), Bob Dylan (Like a rolling stone, c’est lui) ou Simon and Garfunkel (The sound of silence, c’est lui aussi, autant dire qu’il a lancé la carrière du duo !).  C’est d’ailleurs Tom Wilson qui produira également le deuxième chef d’œuvre du Velvet, White light / White heat.

Photo PoPsie Randolph/Michael Ochs Archives/Getty Images
Tom Wilson en studio

Si le disque était produit, il n’était pas distribué, et pour cela il fallait une maison de disque. C’est Tom Wilson personnellement qui les accepte au sein de la maison de disque Verve après avoir entendu une première version de l’album.

Il a été enregistré dans l’immeuble du mythique Studio 54

Je suis tombé sur le cul quand j’ai vu l’adresse des miteux Scepter Studios, où l’album a été enregistré. Oui, oui, c’est au même endroit que le mythique Studio 54, LE club disco par excellence qui a vu piétiner à peu près tout artiste respectable à partir de 1977. L’immeuble est grand et abritait plusieurs studios, mais quand même…

Nous sommes en 1965, et dans l’immeuble, autour des studios de CBS, la productrice (je vous ai promis un article sur elle quand j’ai écrit sur Sylvia Robinson) y installe un studio d’enregistrement assez rudimentaire. Elle vient de refuser une offre de rachat de sa maison de disques, Scepter Records (elle s’en mordra les doigts). En attendant, elle loue son studio, mal équipé et donc pas cher, et c’est ici que le Velvet enregistre la musique qu’ils avaient rodée sur scène au printemps 1966.

Pour être tout à fait rigoureux, sur la version originale, quatre titres ont été enregistrés ou ré-enregistrés un peu plus tard sur la côte Ouest avec Tom Wilson (I’m waiting for the man, Venus in furs, Heroin et Sunday morning).

Un des instruments est une pile d’assiettes en fer

Dans European son, une chanson de plus de 7 minutes dont les 3/4 sont une improvisation instrumentale, on entend au début de la chanson un bruit de fracas de verre. Ce sont en fait des assiettes en métal qui ont été jetées par terre pour simuler ce bruit.

Après ce bruit, cette chanson est probablement celle de l’album qui retranscrit le mieux l’ambiance des longues improvisations du Velvet sur scène.

La première reprise connue du Velvet Underground est… hollandaise. La seconde a été enregistrée au Viêt Nam

Le Velvet n’était (évidemment) pas distribué en Europe, et pourtant, c’est un groupe européen qui reprend pour la première fois deux chansons de l’album à la banane : Run, run, run et Sunday Morning. Comment et pourquoi sont-ils tombés sur cet album, comment et pourquoi ont-ils réalisé cette reprise, alors là, mystère…

Sur le pressage original, la banane s’épluche

Et oui ! Warhol avait plus d’un tour dans sa braguette (il refera le coup pour Sticky Fingers des Rolling Stones). Mais sur le pressage original du vinyl, la banane de la pochette s’épluche (définitivement) laissant paraitre un fruit à la couleur plus qu’équivoque. Un petit dessin valant mieux qu’un long discours… À noter que le coffret « peel slowly and see » (qui reprend l’injonction faite par Warhol sur la pochette originale) propose un ingénieux système de sticker repositionnable pour retrouver cette fantaisie.

Peel slowly and see

L’accordage utilisé dans l’album est quelque peu… particulier

Le Velvet Underground (sous l’impulsion de et de son travail avant-gardiste) avait l’habitude d’accorder ses guitares de façon très particulière. Lou Reed appelait ça l’Ostrich Guitar (du nom d’une chanson datant d’avant le Velvet). Le principe est simple : accorder toutes les cordes à la même note (mi-mi-mi-mi-mi-mi ou ré-ré-ré-ré-ré-ré par exemple, au lieu de mi-la-ré-sol-si-mi en accordage standard).

Le résultat s’entend particulièrement sur Venus in Furs et All tomorrow’s parties. Cette dernière était parait-il la chanson préférée de Warhol…

The Velvet Underground & Nico

John cale a joué à Paris un concert en hommage à cet album

En avril 2016, John  Cale a joué à la Philharmonie un concert en hommage à The Velvet Underground & Nico, accompagné par des invités prestigieux : Étienne Daho (fan de longue date et auteur d’une excellente reprise de Sunday morning dans les années 80), Peter Doherty & ou .

On y était, et c’était à se couvrir de frissons (outre les chansons du Velvet, John Cale a aussi joué quelques titres de WLWH dont Sister Ray). Un petit avant goût ?

Envie de voir ce que ça donne avec The Libertines ? Montez le son…

Et pour finir en beauté, Heroin. Si vous trouvez une version full length du concert, sautez-dessus (elle était dispo sur Arte Concerts pendant quelques temps)

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